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Roses de décembre
Les ailes des libellules
Les Oiseaux
Nord-Sud
Puisqu'il y a toi
Oxymores
Neige
La magicienne
Automne
Pour Guillaume
A la manière de
L'Attente
Un Pont


O'Keefe, Red Poppy

Roses de décembre


Oh non, bien sûr, dehors vous ne vous ouvrez pas.
Vous restez là, frileusement emmitouflées 
Dans vos pétales un peu froissés, presque abîmés.
Pourtant, courageuses, vous tenez tête aux frimas.
Si je vous cueille, si je vous offre par pitié,
Par amitié, la tiède chaleur de ma maison, 
Doucement, tendrement, vous vous épanouissez
Et vous savez me donner toutes vos chansons.
Et alors vos couleurs  sont un ravissement.
Toi qui te penches, tu es mauve, plus mauve qu'en été.
Toi qui te dresses, tu es rose, mais toute irisée
De nacre blanche, de pétales rouges et changeants.
Et votre parfum est comme un plaisir divin
Il s'insinue à peine, mais partout, près de vous,
Secrètement il enivre, ensorcelle tout,
Libère mes rêves cachés, berce un peu mon chagrin.
Les ailes des libellules
Les ailes des libellules, l'été,
Libres d'aller, de virevolter
Etincellent au dessus de l'étang
A peine entrevues au soleil couchant.
Les ailes d'une libellule, ce soir,
Etendues sur la terre noire,
Etincellent comme vivantes encore,
Trop grandes pour cet insecte mort.
Miroir transparent et nacré,
Bleus, roses et mauves irisés,
Fragile rigidité, vous êtes
Comme mon pauvre amour, obsolètes.


.Merci pour cette merveilleuse photo trouvée sur un site anonyme et disparu.

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Les oiseaux

 Les oiseaux engloutis là-bas au fond des mers
Battent encore de leurs grandes ailes engluées
Mais des coraux, chaînes mêlées, agglutinées,
Enserrent leurs fines pattes dans un étau de fer.
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Mouettes cendrées, hirondelles, moineaux ou colombes,
Vous êtes là, pleurant, incapables de voler.
Transparence perdue, ciel léger oublié,
Comme elle est triste, cette vie ou cette tombe.
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Vous ne l'avez pas choisie, vous êtes résignés.
Vous savez que là-haut, derrière la limite,
Au travers du pur miroir d'argent s'agitent
Votre envol, votre envie, votre claire destinée.
.
Mais vous êtes cloués là, parmi les algues brunes
Vous êtes oubliés du monde et de son soleil,
Il vous faudrait l'espoir et la force, l'éveil
Mais vous, vous n'avez que le reflet de la lune.
.
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Nord-Sud

Des roses couleur de corail
S'entassent au creux du mur.
Le parfum du jasmin inonde le soir d'été
Comme les nuits de Tunis, de Carthage ou d'Espagne
Dans la chaleur du Sud enfiévré.
Ici le ciel est noir et parsemé de diamants.
Le silence règne en maître,
Sans doute pour très longtemps.
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Les colliers de fleurs et le thé aux pignons,
Les voix entremêlées aux terrasses des cafés,
Une rose offerte, soudain, par un étranger,
Le blanc, le bleu et les bougainvilliers,
Souvenirs de moments fugaces,
Images vivantes, gravées,
Dans le froid du jardin,
Je vous relis encore.



(Bleu Cube, Thierry Lebaill)

Puisqu'il y a toi.
 
Les ors des palais orientaux,
Les cristaux fragiles des châteaux,
Les hautes tourelles effilées,
Les cygnes blancs immaculés,
Les parcs aux arbres majestueux,
Dépités, s'effacent, s'évanouissent.
Les fleurs aux parfums voluptueux,
Aux sombres pétales de velours,
Les grandes pivoines échevelées,
Ruisselantes de rose nacré,
Les petites églantines d'un jour,
Tirent leur révérence, palissent.
La douce brise ensoleillée,
Le rayon vert le soir là-haut,
L'éclat de lune sur le ruisseau,
La caresse d'une nuit d'été,
N'ont même pas besoin d'exister,
Puisqu'il y a toi.

Oxymores

Soleil noir, lumière sombre, douceur amère, chaleur glacée.
Tu es un oxymore,
Tu réchauffes puis reprend ta chaleur,
Tu brilles, puis te caches pour te faire oublier
Tu caresses puis repousses de peur d'avoir trop osé.

Ciel prisonnier, horizon trop loin, espoir improbable,
Ton monde est oxymores.
Tu espères mais fuis devant tes rêves,
Tu essayes, mais tu t'arrêtes avant le but,
Tu t'envoles, mais tu ne sais où tu dois aller.

Le temps passe si lent, si rapide,
L'attente indéfinie se terminera un jour,
Ce monde absurde retrouvera sa logique,
Mais toi, où donc seras-tu?
 


Titien, Jeune Homme au gant
(détail)

Neige
Une neige de pétales blancs
Recouvre l'herbe verte.
Les pommiers pleurent doucement,
Perdant dans cette rafale de vent,
Leur grâce, leur beauté légère. 
Le printemps est triste,
Le printemps désespère:
Tu es loin de moi.
Une neige de pétales roses
Tourbillonne doucement.
Le vent fait danser les rires 
Des lutins malicieux
Et la sève irrésistiblement 
Monte vers le fruit
Déjà promis, déjà ébauché. 
Tu m'as regardée.
Une neige froide et glaciale 
Transperce les pétales légers
De mes tendres pétunias. 
Grêlons cruels, billes acérées,
Portés par le vent qui me gifle,
Le vent  qui me frappe, 
Qui me fait pleurer.
Tu m'as ignorée.
La Magicienne
Légende Celtique
Du fond de la mer elle est venue,
La magicienne que j'attendais ;
Elle a frappé la coque trois fois
Et s'est glissée dans le filet
Elle s'est assise parmi les autres,
Mais seule, moi je l'ai vue.

Elle a couvert de ses cheveux
L'écume des vagues autour de nous
Elle a ouvert ses grands bras blancs
Et m'a donné des oursins mauves,
Des algues brunes et des poissons d'argent.

Elle a chanté comme une sirène,
Mais moi seule, je l'ai entendue.
Elle a vibré avec les mouettes,
Et j'ai compris qu'elle disait
Qu'il n'est jamais trop tard,
Qu'il faut toujours chercher
Qu'il faut graver à tout jamais
L'instant de bonheur dans son cœur.

 
Edward Burne Jones, The beguiling of Merlin
Automne
 
Brouillard  automnal, coton blanc, léger mais triste
Tu caches l'ocre roux et l'or de mes chrysanthèmes,
L 'embrasement du châtaignier, les fruits tardifs,
  La beauté des choses épanouies et sereines.

Tu noies dans le flot de tes larmes silencieuses
Les derniers chants des oiseaux, les bruits de la vie,
Les animaux transis et ces fleurs courageuses
Qui s'ouvrent malgré tout dans le froid de ton lit.

Pars, va-t'en, disparaît, on ne veut plus de toi,
Laisse revenir la lumière d'un ciel éclatant,
Laisse la forêt m'éblouir de ses mille voix,
Laisse mon cœur retrouver le grand enchantement.
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Pour Guillaume

Je suis allée là-bas, très loin, vers l'ouest
Et j'ai vu la couleur du monde.
J'ai vu les rochers rouges et le ciel changeant
J'ai humé les parfums, j'ai caressé les fleurs
Puis j'ai dormi sur un volcan brûlant.

La lave a emporté dans ses flammes de granit
La petite vie qui m'avait poussé si loin.
Le vent a fait chanter les cordes des guitares
Puis un cheval au galop m'a ouvert le chemin.

Entre des falaises abruptes recouvertes d'or roux
Il m'a conduit vers des grottes immenses,
Là où des villes cachées demeurent à jamais
Vivantes du souvenir des fantômes du présent.

Là, j'ai vu, tout au fond de mon cœur,
Dans le tumulte de la nuit, le soleil et le ciel,
Et la couleur du monde.
 
 

A la manière de...
Monsieur, je vous en supplie, laissez moi vous dire,
Que quoi que vous fassiez, et où que vous alliez
Mon doux cœur ne pourra que vous suivre et sourire
Du fol espoir de s'adonner à vos baisers.
 


Petit tableau anonyme, école française, 18ème siècle

L'attente

Délicieuse et cruelle, elle est toute ma foi,
Elle se nourrit d'espoir mais désespère parfois,
Jamais elle ne s'éloigne, fidèle, elle n'est qu'à moi.

Par les longues nuits de perle, quand je ne dors pas,
Elle sait se faire si belle quand je ne rêve pas,
Elle ouvre grand ses ailes, mais ne s'envole pas.

Fantasque et avide, elle change en un instant,
Enlève se robe de pourpre pour mettre des diamants.
Je l'adore en silence, je l'aime, je l'attends.

Un Pont
Il y a un pont entre le ciel et la terre,
Entre le blanc et le noir.
Dans la grisaille et le brouillard
Qui semble n'aller nulle part.
Et pourtant, si on le prend, si on le suit ,
Il monte vers le bleu du ciel,
Vers les champs de fleurs.
Il monte comme le vol des oiseaux,
Vers un ailleurs possible,
Vers  le soleil à minuit.
Il existe comme les rêves de l'aube,
Comme un soupir au crépuscule.
Il grandit comme le sourire de l'ange,
Comme la brume sur la mer.
Je prendrai ce pont que j'ai construit.
J'irai jusqu'au bout ,
Même si c'est nulle part ,
Car je ne vis que pour lui
danielle.esposito@wanadoo.fr
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